Source le Progrès : Le vote par correspondance, jusqu’ici peu répandu et organisé à grands frais par courrier postal, va se dématérialiser. Cette petite révolution, longtemps reportée, permettra aux actionnaires individuels de défendre plus activement leurs intérêts.
A l’exception de quelques rares pionnières, comme France Télécom, Danone et BNP Paribas, très peu d’entreprises cotées offrent à leurs actionnaires la possibilité d’exercer leurs droits de vote par Internet lors des assemblées générales (AG). Le vote électronique est pourtant autorisé depuis 2001.
Ce retard porte préjudice aux investisseurs, car les décisions prises lors des AG ont des conséquences sur la valeur de leurs actions. Comme le souligne Pierre-Henri Leroy, président du cabinet conseil aux investisseurs Proxinvest, «les deux tiers des actionnaires ne reçoivent pas le formulaire de vote» : l’envoi coûteux d’un courrier papier par la Poste est souvent réservé de fait aux actionnaires inscrits au nominatif ou détenant un grand nombre de voix. L’instauration du vote par correspondance via le Net sera «un énorme progrès», souligne Colette Neuville.
La présidente de l’Association de défense des actionnaires minoritaires (Adam) explique que cette petite révolution permettra une hausse du taux de participation, en facilitant le vote des jeunes, de ceux qui travaillent, des provinciaux, des fonds d’investissement étrangers. Elle ajoute que le vote électronique offrira une traçabilité, l’assurance que le vote a été pris en compte. Tout sera vérifiable, il n’y aura plus de problème de preuve. Alors qu’il est déjà arrivé plusieurs fois qu’un actionnaire détenant par exemple 4% des voix et votant contre une résolution constate que celle-ci a été adoptée à 98% ! Les mémoires du système informatique central conserveront tout pendant trois ans, et au-delà si une contestation est engagée.
