Interview “Le vote électronique en France”

726 Publié le 13/12/2010 par AlphaVote

Interview de Fabrice Fernandez, directeur associé de Kercia Solutions, société éditrice du logiciel de vote électronique par Internet pour les élections professionnelles AlphaVote.

Vous venez d’écrire un livre blanc intitulé «Réussir ses élections professionnelles avec le vote électronique». Pouvez-vous nous expliquer pourquoi vous avez jugé utile de rédiger un tel document ?

Depuis juin 2004, la loi sur la Confiance en l’Economie Numérique a donné la possibilité aux entreprises de recourir au vote électronique par internet pour leurs élections professionnelles. Et force est de constater que ce système tend à se développer puisque de plus en plus d’entreprises franchissent le pas et optent pour le vote électronique.

Mais malgré cette tendance évidente, on trouve à ce jour encore peu d’informations sur le sujet, sur les différentes solutions logicielles existantes et sur les points-clés à respecter pour réussir ses élections par internet.

On aurait pu penser que le vote électronique était déjà une réalité dans une majorité d’entreprises depuis longtemps. D’où vient cet intérêt relativement tardif ?

Tout d’abord, je dirais que le vote électronique est utilisé dans les entreprises depuis quelques années. Dans le secteur bancaire par exemple, il est le mode d’organisation des élections professionnelles dominant. Mais il est vrai que dans beaucoup d’autres secteurs, il a tardé à s’imposer. Cela est dû à mon avis à trois facteurs principaux.

Premièrement, il a fallu attendre 2007 pour avoir une loi encadrant précisément les conditions et les modalités de vote par voie électronique pour les élections professionnelles, même si la loi de 2004 avait déjà ouvert quelques portes. Deuxièmement, le vote électronique par internet a pâti au départ d’une confusion avec le système des machines à voter, dont la fiabilité est régulièrement contestée lors des tests qui ont pu être effectués dans certains bureaux de votes, lors des élections municipales par exemple. Les individus ont mis du temps à faire la distinction entre les deux systèmes. Enfin, la plupart des prestataires de solutions logicielles de vote électronique par internet venaient initialement du monde de l’élection par correspondance. Hors, il ne s’agit pas du même métier, et les spécificités du vote internet par rapport au vote papier n’ont pas été assez prises en compte.

Justement, en quoi Kercia Solutions, arrivée plus tardivement sur le marché, a-t-elle présenté une approche différente ?

La différence fondamentale est que notre solution logicielle, AlphaVote, a été construite sur la loi de 2007, et n’est pas une adaptation plus ou moins heureuse d’un logiciel préexistant à la loi. En termes de sécurité des données et de respect du secret de vote, AlphaVote est donc particulièrement efficace. C’est d’ailleurs à ce jour, le seul logiciel de vote électronique à avoir fait l’objet d’un audit de Bureau Veritas. Il faut savoir que l’audit du logiciel par un organisme externe est une obligation légale, et nous aurions pu nous contenter d’un audit superficiel comme cela a pu être fait ailleurs. Au contraire, nous avons fait le choix d’un cabinet reconnu qui a étudié dans le détail le code source d’AlphaVote et avec qui nous avons travaillé méticuleusement. Nous tenions à ce qu’AlphaVote offre un niveau de garantie supérieure à ce qui pré-existait sur le marché.

Un autre facteur de différenciation majeure tient dans la souplesse d’AlphaVote : Notre centre R&D de Grenoble a su apporter son expertise technologique pour construire et maintenir un logiciel suffisamment flexible pour s’adapter aux conditions de vote de chaque entreprise et tenir compte de leurs spécificités. AlphaVote permet de combiner vote électronique par internet et vote classique par correspondance (ou même physique) au sein d’une même élection, afin de permettre aux électeurs de changer leurs habitudes en douceur. Mais comme nous ne venons pas de l’univers du vote par correspondance au départ, notre approche est radicalement différente de celles de nos concurrents : il ne s’agit en aucun cas de faire co-exister deux systèmes en parallèle et d’en répercuter les coûts (création des courriers, envois postaux, etc…) sur nos clients. Nos ingénieurs ont travaillé à une véritable intégration des deux modes de votes, sachant qu’en général le vote par correspondance ne représente pas plus de 5% des cas lorsque les électeurs ont le choix.

Enfin depuis 2007, Kercia Solutions a également cherché à se distinguer par une approche plus consensuelle du marché. Nous sommes en effet convaincus que le vote électronique par internet, qui constitue un progrès indéniable en termes d’organisation des élections, ne s’imposera durablement que s’il fédère l’ensemble des acteurs. Outre les directions RH déjà convaincues par la simplicité accrue des élections professionnelles, nous sommes particulièrement à l’écoute des organisations syndicales afin de faire d’AlphaVote une plateforme toujours plus démocratique et répondant aux attentes des candidats, comme des électeurs.

Aujourd’hui, diriez-vous que le vote électronique est davantage mûr pour intégrer tous les secteurs d’activités ?

Oui, et pour plusieurs raisons. D’abord, le vote électronique est une réalité dans beaucoup d’entreprises depuis plusieurs années, et la satisfaction qu’elles y trouvent à tout niveau (directions, délégués syndicaux, candidats et salariés-électeurs) est la meilleure des publicités pour AlphaVote et les autres solutions de vote électronique par internet.

Le développement des usages web dans toutes les catégories sociales a également été un facteur déterminant : la démocratisation de l’informatique et la généralisation de l’accès à Internet dans les foyers depuis le début des années 2000 font qu’aujourd’hui le vote électronique par internet est devenu un outil à la portée de tous, pour peu que le logiciel présente une ergonomie simple et intuitive évidemment.

Enfin, la raison la plus évidente de l’adoption du vote électronique par les entreprises tient dans les intérêts objectifs qu’il apporte à l’organisation des élections professionnelles, et les garanties de sécurité qui l’accompagnent, notamment par rapport au vote par correspondance. Car rappelons le, le vote par correspondance est le vote le moins sûr qui existe aujourd’hui : entre les aléas postaux qui font que le matériel de vote n’arrive pas toujours dans les délais, les changements d’adresses, la possible interception du matériel ou du bulletin renvoyé par le salarié électeur, et j’en passe, le vote papier par correspondance présente de fortes lacunes en termes de sécurité et de respect du secret de vote ! Partout où le vote par correspondance existe, le vote électronique a donc vocation à le remplacer, pour des raisons de coûts, de simplicité d’organisation, mais aussi pour ces raisons de sécurité et de respect démocratique des élections en entreprise.

Quels conseils donneriez-vous à une entreprise désireuse d’instaurer le vote électronique ?

D’abord de consulter l’ensemble des acteurs, DSI, acheteurs et représentants des salariés notamment. Ensuite de choisir un prestataire suffisamment robuste et capable de proposer un accompagnement organisationnel, technique et surtout juridique complet. Les obligations légales sont fortes et elles conviennent d’être strictement respectées. Car chacun sait qu’en matière sociale, une entreprise n’a pas le droit à l’erreur. Le prestataire choisi doit donc adapter son offre à ses spécificités et assister la DRH dans tous les compartiments de l’élection, de A à Z, comme nous le faisons chez Kercia.

>> Télécharger le livre blanc

«Réussir ses élections professionnelles avec le vote électronique» écrit par AlphaVote


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